Posted on: 2021-09-09 Posted by: Naole Média Comments: 0

Accentuée par le développement de l’accès à Internet dans le monde et le boom des réseaux sociaux, l’usurpation d’identité sur les réseaux sociaux est de plus en plus croissante ces dernières années. 

Tout le monde y est victime à un moment donné; que ce soient des personnes lambda ou encore des personnalités publiques. Dans cet article, nous revenons sur quelques cas d’usurpations d’identités des personnalités publiques en Afrique. Une usurpation d’identité est une utilisation de données personnelles propres à vous identifier sans votre accord. Les usurpateurs utilisent les informations volées pour nuire à votre réputation, réaliser des opérations financières ou encore, commettre des actes répréhensibles en votre nom.

Depuis près d’une dizaine d’années les pays d’Afrique francophone ne sont pas épargnés par ce fléau. Récemment M. Thierry Moungala, Ministre de la Communication et des Médias de la République du Congo, a été victime d’usurpation d’identité sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué publié sur la page Facebook du ministère qu’il dirige, son service de communication déplorait le fait que malgré la certification de la page Facebook du Ministre, certains individus mal intentionnés essayaient encore d’usurper son identité à des fins d’escroquerie. Dans ce communiqué, un appel a été lancé pour lutter contre ces faux profils en les signalant. Au Togo, c’est la Première Ministre, Madame Victoire Tomégah-Dogbé, qui est la victime. C’est sur Facebook, que des usurpateurs d’identité se sont fait passer pour la ministre ou ses collaborateurs. « Ils se permettent de promettre aux victimes l’octroi d’un emploi ou de diverses autres opportunités en mon nom contre le paiement d’un quelconque frais. Je vous rappelle que, je n’ai qu’une seule page Facebook et un seul compte twitter qui sont certifiés et donc, identifiés par un crochet bleu » souligne-t-elle, dans un communiqué.

Cela est devenu une habitude. Plusieurs comptes de personnalités politiques sont créés à leur insu. C’est le cas de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont le cabinet a affirmé ne pas avoir créé de compte officiel. Son cabinet a saisi Facebook et Twitter pour procéder à la fermeture de ces faux comptes. En 2020, le ministre ivoirien de la défense, feu Hamed Bakayoko a été victime d’usurpation d’identité sur LinkedIn. Des personnes avaient utilisé son nom pour créer un faux profil. En guise de réponse, le ministre par le biais de sa page Facebook, avait dénoncé cet abus et recommandé à ses abonnés de faire attention.

En Algérie aussi, une personne mal intentionnée avait créé un faux profil au nom du Premier Ministre algérien, Abdelmadjid Tebboune en 2017. Cette fois-là, l’auteur de ce faux compte avait été appréhendé par les services de sécurité. Ce dernier publiait des fausses informations provenant tout droit de son imagination. Il avait par exemple publié des informations sur une réunion imaginaire ou des convocations inexistantes de hauts responsables. Tout comme en Algérie, en Tunisie, on préfère sévir. En effet, après avoir remarqué l’existence de plusieurs faux comptes sur les réseaux sociaux, au nom du Ministre de l’Intérieur Lotfi Brahem, ce dernier avait décidé de poursuivre les auteurs en justice.

Au Cameroun, le Ministre des finances, Louis Paul Motaze, a dû alerter ses abonnés via un communiqué, qu’un faux compte se faisait passer pour lui sur Twitter. « Le ministre des Finances se réserve le droit d’assigner en justice contre toute personne qui utilise son nom et ses photos pour publier de fausses informations dans le but d’arnaquer et d’abuser des honnêtes citoyens », prévient le communiqué du ministre. Au Tchad il y’a plusieurs mois de cela, le ministre des Affaires Etrangères, (par ailleurs ex-ministre de la communication au moment des faits Ndlr), Chérif Mahamat Zène, avait attiré l’attention des internautes sur le fait qu’il ne possédait pas de page officielle sur Facebook. Car plusieurs faux profils portant son nom avaient été créés sur cette plateforme, pour arnaquer des usagers. Par le biais d’un communiqué, il avait ainsi attiré l’attention des internautes pour les mettre en garde. Aujourd’hui, il possède une page Facebook officielle et un compte Twitter officiel tous deux certifiés.

Facebook essaie tant bien que mal de lutter contre cela. Le géant de la Tech a récemment révélé avoir désactivé plus de 1,3 milliard de faux profils sur sa plateforme, au courant du dernier trimestre de l’année 2020 (entre les mois d’octobre et de décembre 2020 Ndlr). La plupart de ces comptes auraient été désactivés au moment même de leur création, ou seulement quelques minutes après. Des chiffres en baisse comparé à l’année 2019, où Facebook avait déjà été amené à supprimer pas moins de 3,2 milliards de faux profils. Malgré tout cela, le mal continue de persister.

Il est difficile de se prononcer sur une fin prochaine de ces fraudes numériques, car les usurpateurs d’identité font toujours preuve d’un peu plus de ruse et de malice, malgré les efforts colossaux consentis par la firme californienne, pour endiguer ce fléau.

Auteur : Mebayel Paul-Marie Kanene, Stagiaire en journalisme 2.0, au sein du PROGSAM.

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